I - De quoi parle-t-on ?
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On entend partout dire que l'eau bout à 100°C, sous la
pression atmosphérique normale (1 bar). On sait qu'alors l'eau
passe de l'état liquide à l'état vapeur. Mais
l'eau se transforme en vapeur aussi à des températures
inférieures.
Quand l'eau se transforme en vapeur à une température
inférieure à 100°C on constate que le changement est
lent et ne nécessite pas de chauffage. Par contre à
100°C et si on chauffe alors il apparaît des bulles de vapeur
d'eau.
On s'intéresse ici à ce dernier phénomène,
détailler son mécanisme, et comparer cette
ébullition avec le phénomène d'évaporation (
[1])
.
II - Que se passe-t-il ?
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II-1/ Comment obtenir l'ébullition ?
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Si on chauffe de l'eau(
[*])
dans une casserole, avec un thermomètre
pour mesurer la température de l'eau, on observe l'apparition de
petites bulles. Il s'agit là des gaz dissouts dans l'eau, i.e.
de l'air, qui permet aux poissons d'avoir de l'oxygène.
Si on continue à chauffer, on constate que de la buée se
dépose sur le thermomètre (dont le corps reste plus
froid). Cela est dû à l'évaporation de l'eau[1]
dont la vapeur formée se condense sur le thermomètre plus
froid(
[2])
.
Si on chauffe jusqu'à 100°C (sous une pression
extérieure de 1 bar), on observe l'apparition de grosses bulles
qui viennent crever à la surface du liquide: ce sont des bulles
de vapeur d'eau.
C'est la formation de ces bulles de vapeur d'eau qui constituent le
phénomène d'ébullition.
On peut obtenir également l'ébullition sans chauffer: on
peut aussi abaisser rapidement la pression, par exemple avec une
seringue (sans aiguille) remplie à 1/5 d'eau liquide. Chasser
l'air, boucher avec le doigt, tirer brusquement sur le piston et
observer. Faire également la contre-expérience sans
boucher, pour observer la différence...
II-2/ Analyse de l'ébullition
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La casserole remplie d'eau est fermée, puis on laisse refroidir
jusqu'à la température ambiante, et on chauffe (comment
ça, "encore?" ! ).
Le premier chauffage a servi à éliminer l'air et autres
gaz dissouts qui font des bulles parasites.
On a vu que si on augmente la température, le nombre de
molécules éjectées augmente, et la pression de
vapeur saturante augmente aussi.
Si on chauffe, cela revient à agiter plus fort les
molécules, au point parfois qu'il se forme fugitivement des
microbulles de gaz au contact des aspérités des parois de
la casserole.
Tant que l'air exerce sur le liquide une pression supérieure
à P_sat, le liquide en profondeur reste liquide, et toute bulle
de vapeur d'eau qui aurait l'insolence de se former (par exemple
à la suite d'un chauffage puissant en un point du liquide) est
aussitôt écrasée et transformée en liquide.
Seule l'évaporation de surface permet de transformer de l'eau
liquide en vapeur d'eau.
Mais la température augmente, augmente, et P_sat qui augmente
aussi atteint la valeur de la pression de l'air.
Alors une bulle de vapeur d'eau qui se forme n'est plus
écrasée; par contre, moins dense que le liquide
environnant, elle remonte à la surface pour y éclater et
libérer dans l'air la vapeur d'eau qu'elle contient.
Tant qu'on chauffe, des bulles apparaissent là où on
chauffe. Dès qu'on arrête de chauffer, les bulles
arrêtent de se former.
C'est cette apparition de bulles de vapeur qu'on appelle
l'ébullition. Cette dernière se produit quand la pression
de vapeur saturante atteint la valeur de la pression
atmosphérique, i.e. à une température
donnée (qui dépend de la pression atmosphérique,
justement).
II-3 : L'ébullition, la température et la pression
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La température d'ébullition dépend de la valeur de
la pression extérieure (ou pression atmosphérique).
Pourquoi? Eh bien parce que l'ébullition se produit quand la
pression de vapeur saturante de l'eau devient égale à la
pression atmosphérique.
Au niveau de la mer la pression atmosphérique vaut 1 bar, et
P_sat ne devient églae à 1 bar qu'à 100°C.
Donc l'eau bout à 100°C au bord de la mer.
En haute montagne la pression est plus faible qu'au niveau de la mer.
Donc on a besoin de moins chauffer pour que la pression de vapeur
saturante devienne égale à la pression extérieure.
Par exemple pour une pression de 0,7 bar (altitude environ 3000 m), la
température d'ébullition vaut 89°C.
Ceci pose un problème pour cuire les aliments. Par exemple, pour
faire cuire un oeuf il faut qu'il soit chauffé pendant 5 minutes
à 100°C. Facile sur la plage, il suffit de le plonger 5
minutes dans l'eau bouillante. Mais en montagne, l'eau bouillante
n'étant qu'à 89°C, on est quelque peu
embêté, car on ne peut monter à 100°C.
pression extérieure
( en bar)
|
température d'ébullition
(en °C)
|
|
0,04
|
26
|
|
0,10
|
44
|
|
0,68
|
89
|
|
1,00
|
100
|
|
1,96
|
120
|
Comment peut-on retrouver ces valeurs par le calcul? La
température d'ébullition T dépend en fait de la
pression extérieure P par la formule de Clapeyron:
L = T (u_g - u_l) dP/dT
avec L la chaleur latente massique de vaporisation
u_g le volume massique du gaz à (T;P) u_l le volume massique du
liquide à (T;P)
Si on assimile la vapeur à un gaz parfait, de masse molaire M,
alors:
u_g = R T/ (P M) (R: constante des gaz
parfaits)
Si on néglige le volume massique du liquide devant celui du gaz,
le terme (u_g - u_l) se réduit à u_g, soit RT/PM.
Alors L = T * R T/M dP/dT,
soit dP/P = M L/R * dT/T
2
ou:
ln (P_2/P_1) = M L/R * (1/T_1 - 1/T_2)
Si on connaît un point (P_1; T_1) on peut en déduire tout
autre point (P_2;T_2) avec cette formule.
Pour l'eau:
- P_1 = 1E5 Pa
- T_1 = 373 K
- L = 2,2E6 J.kg^-1
- M = 18E-3 kg.mol-1
II-4 : Résumé de la différence
évaporation-ébullition
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| |
évaporation
|
ébulllition
|
|
lieu
|
surface libre [#] du liquide
|
aspérités du récipient contenant le
liquide
|
|
vitesse
|
souvent lente
|
souvent plus rapide
|
|
spontanéité
|
a lieu naturellement dès que du liquide est en
contact avec de l'air dont la pression est supérieure
à la pression de vapeur saturante du liquide
|
a lieu naturellement dès que du liquide est en
contact avec de l'air dont la pression est inférieure
à la pression de vapeur saturante du liquide
|
(#) surface de contact entre le liquide et l'air.
NB: il est à noter qu'en vase clos (i.e. enceinte fermée
et de volume fixé), l'ébullition comme
l'évaporation conduisent au même état final, la
pression partielle étant égale à P_sat s'il reste
du liquide.
C'est notamment ce qui se passe dans un autocuiseur (enfin pas
tout-à-fait, l'autocuiseur ayant une fuite), et dans
l'expérience du bouillant de Franklin, qui est un ballon
fermé qu'on porte à 100°C, et qu'on refroidit par un
linge humide ou un petit jet d'eau froide, ce qui diminue la
température de la vapeur à l'intérieur, donc chute
de la pression du gaz, et ébullition du liquide qui est lui
toujours à 100°C.